Avocat – client : comment former le bon duo

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En droit de la famille, et particulièrement dans le cas des situations douloureuses comme une séparation ou un divorce, certains clients ont parfois l’impression d’avoir fait l’essentiel du chemin en poussant la porte d’un cabinet d’avocats. Ils adoptent alors une posture passive vis-à-vis de leur avocat, voyant parfois la robe noire comme l’habit d’un magicien. Pourtant, sans un client investi, l’avocat ne peut pas grand-chose.

Cette posture passive est compréhensible à bien des égards. Aller voir un avocat n’est pas un acte anodin surtout quand il s’agit en plus  de lui livrer des éléments intimes, de raconter son histoire, son couple, sa famille. Par ailleurs, le client peut avoir l’impression que l’avocat sait mieux que lui ce qu’il faut faire en sa qualité de juriste, voire qu’il pourra décider pour lui. Or, ce n’est pas le rôle de l’avocat de décider pour son client. Il est là pour le conseiller et l’accompagner sur le plan juridique. La volonté et l’implication du client sont essentielles à la pérennité des accords ou à la réussite de la procédure. Pour avancer, avocat et client doivent former une équipe et construire une relation de confiance.

Adopter une posture active

Bien entendu, une affaire touchant le droit de la famille a de multiples implications pour le client. Les dimensions émotionnelles, financières, psychologiques ou logistiques sont tout aussi fondamentales que les aspects strictement juridiques. Le choix de l’avocat a donc de l’importance. Choisir un avocat pratiquant l’écoute active et la reformulation c’est choisir un avocat qui sera particulièrement attentif à vos besoins et préoccupations. Mais s’il est bien là pour vous accompagner et vous conseiller, c’est uniquement sur le plan juridique. Pour le reste, vous restez aux manettes de votre vie et devez être prêt(e) à prendre des décisions sur tous les plans. Cela peut d’ailleurs nécessiter de faire appel à d’autres professionnels, comme un médiateur familial ou un psychologue pour vous aider à passer ce cap difficile ou renouer une communication rompue. Qu’il s’agisse d’un accompagnement individuel, de couple ou parent-enfant, chacun peut trouver la démarche adaptée à sa situation. Le principal est d’être prêt à s’impliquer. La part d’humain en droit de la famille est bien plus importante que celle du droit. Voir les enjeux humains et relationnels et les prendre en compte dans le traitement et l’avancement du dossier est une chose, les traiter au sens psychologique du terme en est une autre. Ce n’est plus là du rôle de l’avocat.

Imaginer une solution gagnant-gagnant

Souvent, nos clients pensent que c’est l’autre partie (et son avocat) qui rend la situation inextricable, qui n’avance pas, complexifie les choses, etc…. Ça peut être le cas, mais pas nécessairement. Si les pourparlers peuvent être compliqués et tendus, il est important de sortir d’une vision conflictuelle en noir et blanc, car l’autre partie et son avocat ne sont pas nécessairement les « méchants » qui compliquent la situation à loisir. Attendre tout de l’autre, qu’il ou elle fasse un pas, un effort ou une concession, mène nécessairement à une impasse. Il est plus facile d’agir sur sa posture.

Entre autres méthodes, la négociation raisonnée et le processus collaboratif permettent de construire une solution gagnant-gagnant durable. Une négociation réussie repose avant tout sur l’attitude des parties : il est important d’avoir envie de négocier et de trouver un accord qui soit acceptable pour chacun, ce qui nécessite de ne plus percevoir l’autre comme un adversaire et de se respecter mutuellement. Il s’agit également de savoir ce que l’on veut et pourquoi on le veut, pour que chacun comprenne ses véritables intérêts et besoins plutôt que de camper sur ses positions. Cela suppose de s’interroger de manière ouverte sur la meilleure manière de satisfaire les besoins de tous, pour éviter un compromis qui serait insatisfaisant pour les deux parties. Ce n’est pas de la magie : c’est un processus qui demande de rester ouvert et créatif.

 

Dans ce contexte, l’avocat n’est pas un prestidigitateur mais un facilitateur. Il vous accompagne dans une démarche active et vous aide à regarder à nouveau vers l’avenir.